Emballage sous blister

Actuellement, nombreux sont les compléments alimentaires avec un emballage blister. Mais protège-t-il réellement son contenu ? N’expose-t-il pas à un risque de toxicité ? De quoi est-il constitué au juste ? N’a-t-il pas d’impact négatif sur l’environnement ? Peut-on le recycler ? Trouvez dans cet article tout ce qu’il faut savoir.

Définition

Le blister est un emballage en plastique transparent, qui épouse la forme de son contenu, afin de le valoriser et de le protéger contre les chocs, l’humidité, l’oxygène de l’air, la contamination de bactéries…

Il existe plusieurs types, dont :

  • celui avec « simple coque » en plastique, soudée à une feuille en carton ou en aluminium ;
  • celui en « double coque » en plastique, qui recouvre non seulement la face du produit mais également le dos en carton ;
  • celui sous forme de « clapet », permettant au contenu d’être visible tant au recto qu’au verso.

Il est utilisé dans toutes les filières, pour emballer :

  • accessoires et matériels électroniques ;
  • jouets ;
  • fournitures de bureau ;
  • denrées alimentaires ;
  • médicaments sous forme de comprimés, de gélules et de capsules ;
  • pièces détachées ;
  • produits cosmétiques ;
  • outillages…
Emballage blister pour les compléments alimentaires.

Pour les compléments alimentaires sous forme de comprimés ou de gélules, l’emballage sous blister est généralement constitué d’une plaquette en plastique dotée de plusieurs alvéoles de conditionnement et fermée par un film en aluminium qui se déchire par pression.

La conditionnement se fait en plusieurs étapes :

  • thermoformage du plastique, de façon à ce que les alvéoles de conditionnement aient la forme et la taille adéquates pour accueillir les comprimés ou gélules ;
  • impression de la feuille d’aluminium, tout en y appliquant particulièrement de l’adhésif ;
  • incorporation des comprimés/gélules dans les alvéoles de la plaquette ;
  • mise en place de la feuille d’aluminium ;
  • application d’une plaque de métal chaud (la colle fond sous l’action de la chaleur, permettant au plastique de bien y adhérer) ;
  • pression de la plaque pour sceller hermétiquement le film d’aluminium et le plastique.

N’importe quelle résine de plastique rigide pouvant supporter le thermoformage et le thermoscellage peut être utilisée : PVC (polychlorure de vinyle), PET (téréphtalate de polyéthylène), PS (polystyrène)… Mais dans la majorité des cas, les industriels optent pour le PVC.

Quels avantages offre-t-il ?

Meilleure protection contre l’humidité

Il est généralement thermoformé à froid, ce qui lui permet de fournir une excellente protection contre l’humidité. Oui, contrairement au plastique, il ne génère pas d’humidité interne.

Certains compléments alimentaires, surtout ceux qui sont très sensibles à l’humidité, à l’oxygène de l’air et à la variation de température, seraient mieux protégés que dans un contenant.

Image plus pharmaceutique

Couramment utilisé comme emballage de médicaments, le blister offrirait aux compléments alimentaires une image plus pharmaceutique.

Bien sûr, les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments. Mais cette image induirait sûrement la prudence des consommateurs vis-à-vis des recours abusifs aux suppléments. En effet, les compléments alimentaires ne devraient pas remplacer l’alimentation saine et équilibrée.

Plus sécurisant pour les enfants

Résistant et souple, l’emballage sous blister semblerait plus sécurisant pour les enfants que les piluliers. Les tout-petits auraient du mal à le manier et y exercer une pression. Pour plus de sécurité, certains industriels optent même pour des feuilles d’aluminium plus épaisses.

Présente-t-il des dangers pour la santé ?

Etant donné qu’il entre en contact direct avec les compléments alimentaires, le plastique devrait respecter les limites de migration spécifiques (LMS) définies par le Règlement (UE) N° 10/2011 de la Commission1.

C’est plutôt le risque de migration de l’aluminium dans le comprimé ou la gélule, qui serait à craindre. Sur le long terme, l’exposition à l’aluminium pourrait être néfaste, provoquant un stress oxydatif et/ou une intoxication aux métaux lourds. D’autant plus que l’aluminium pourrait s’accumuler facilement dans les os et dans le cerveau.

Toxique pour les os et le cerveau ?

D’après plusieurs études, l’aluminium aurait des effets nocifs sur le système nerveux, que ce soit chez le fœtus ou chez les adultes. Il est fortement accusé comme facteur de plusieurs maladies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer. Toutefois, selon l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), l’exposition alimentaire à l’aluminium ne constituerait pas un risque de développement de la maladie d’Alzhzeimer2.

Une partie de l’aluminium ingéré, en raison de l’emballage blister, pourrait également atteindre le tissu osseux et accroître le taux d’aluminium présent naturellement dans les os. Or, avec une trop forte concentration d’aluminium dans les os, il n’y aurait plus de place pour le calcium qui sert à la minéralisation, ce qui provoquerait une décalcification osseuse.

Risque de surdosage d’aluminium ?

En 2019, le JEFCA (Comité mixte FAO/OMS des experts sur les additifs alimentaires) a fixé à 2 mg/kg pc/semaine3 la dose hebdomadaire tolérable provisoire (DHTP) qui s’applique à l’aluminium, y compris tous les composés contenant de l’aluminium dans les aliments. Mais l’EFSA a préféré s’en tenir à une dose hebdomadaire tolérable (DHT) de 1 mg/kg pc/semaine4.

Or, l’exposition alimentaire moyenne a été évaluée entre 0,2 et 1,5 mg/kg pc/semaine chez les adultes. Et d’après un chercheur de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), au moins 10 % des Français consomment plus d’aluminium sans s’en rendre compte, allant jusqu’à plus de 10 mg/jour, par le biais d’emballage (blister, cannettes…) en contact direct avec les denrées alimentaires et les médicaments.

Danger lié à l’encre et à l’adhésif d’impression ?

Si le film d’aluminium couvrant le blister n’est pas suffisamment épais ou ne fait pas l’objet d’une doublure, l’encre et l’adhésif utilisés lors l’impression de la feuille pourraient migrer dans le comprimé, la capsule ou la gélule.

Selon les exigences de la FDA5, (Food and Drug Administration), les adhésifs autorisés devraient être séparés de l’aliment par une barrière fonctionnelle. Mais ils peuvent également entrer en contact avec des aliments à condition que :

  • la quantité utilisée ne dépasse pas les limites des bonnes pratiques de fabrication (BPF) ;
  • les joints et les stratifiés de l’emballage soient fermement scellés sans séparation visible.

Dans le même contexte, le Règlement (CE) N° 1935/2004 du Parlement européen et du Conseil6 exige à ce que les matériaux et objets en contact avec les aliments soient fabriqués conformément aux BPF pour qu’ils ne cèdent pas aux aliments des constituants en une quantité susceptible :

  • de présenter un danger pour la santé humaine ;
  • d’entraîner une modification inacceptable de la composition de la denrée ;
  • d’entraîner une altération des caractères organoleptiques de la denrée.

Est-il recyclable ?

Composants recyclables individuellement

Individuellement, les composants de l’emballage blister (plastique et aluminium) sont parfaitement recyclables. Le PVC fait même l’objet d’une promotion de recyclage novateur7, dans le cadre d’un engagement de l’industrie européenne du PVC pour un développement durable. Quant à l’aluminium, il est entièrement recyclable à l’infini.

Mais du fait de sa composition complexe (mélange d’aluminium et de plastique), il s’avère difficile à recycler ou à valoriser. Il faudrait séparer le plastique et la feuille d’aluminium.

Ainsi, nombreuses sont les villes qui n’acceptent pas les plaquettes de comprimés ou de gélules vides dans la filière de recyclage. Il est généralement à jeter dans le bac destiné aux ordures ménagères, et non dans le bac pour plastiques à recycler.

Des solutions pour une forme recyclable ?

En 2019, Adelphe a lancé un groupe de travail8, qui tente de mettre en œuvre des stratégies visant à le valoriser let à faire évoluer sa recyclabilité. Il réunit de nombreux opérateurs : laboratoires pharmaceutiques, fabricants d’emballages, associations œuvrant dans le domaine de la collecte des déchets, centres de tri et de recyclage…

Remplacer le PVC par une autre résine de plastique plus facile à recycler figure parmi les pistes envisageables. Mais il serait également important de réfléchir à une alternative à ce composant.

Quel est son impact environnemental ?

L’utilisation d’un polymère pétrosourcé, couplée avec l’impossibilité de recyclage de l’emballage blister nuiraient fortement à l’environnement. Mais a priori, l’empreinte carbone serait plus faible avec le PVC qu’avec d’autres thermoplastiques.

Impact de l’utilisation d’un plastique

Une plaquette thermoformée exige du plastique rigide, capable de supporter les traitements thermiques, à chaud et/ou à froid. Or, la chaîne de production du plastique est très polluante :

  • recours à une ressource fossile non renouvelable, qui ne tardera pas à s’épuiser (le pétrole brut) ;
  • émission de CO2, non seulement durant l’extraction et le raffinage du pétrole, mais également tout au long de la fabrication du plastique.

Toutefois, l’utilisation d’un PVC réduirait largementles dégâts. En effet, le PVC est constitué de 57 % de sel de mer et de 43 % de résidus d’hydrocarbures pétroliers9. Il requiert moins de pétrole que les autres résines de plastique, et sa fabrication est moins énergivore.

Non-recyclage : quel impact ?

Puisqu’il n’est pas recyclable, il serait :

  • soit incinéré, ce qui induirait une importante émission de CO2, à moins que l’incinération ne soit dotée d’un système de récupération d’énergie ;
  • soit enfoui dans la terre, ce qui polluerait le sol, étant donné que le plastique mettra environ 4 siècles pour se dégrader ;
  • soit mis à la décharge, ce qui provoquerait des montagnes de déchets non dégradés durant des centaines d’années, sans parler des risques de migration de produits toxiques dans l’air et sur le sol ;
  • soit jeté dans la nature, finirait par se déverser dans l’océan, et porterait préjudice à la faune marine.

En ce qui concerne la solution selon laquelle le PVC pourrait être remplacé par une autre résine de plastique, on peut dire que cela ne ferait qu’accroître son empreinte carbone. En effet, les autres plastiques contiendraient beaucoup de chlore.

En conclusion

En général, le blister serait l’emballage le plus protecteur contre les chocs, l’humidité, l’oxydation et tout type de contaminants. Grâce à la feuille d’aluminium souple, il offrirait plus de sécurité pour les enfants, qui auraient des difficultés à exercer une pression pour ouvrir la plaquette et accéder aux comprimés ou gélules. Toutefois, l’exposition à l’aluminium devrait être surveillée de près. Il faudrait également tenir compte de sa non-recyclabilité, qui oblige à jeter les plaquettes vides dans le bac pour ordures ménagères.